L’élevage de jeunes veaux croisés Lait x Viande pour produire des jeunes bœufs ou des génisses de 18-19 mois a été testé au CIRBEEF. Ces carcasses légères de 300 kg et bien finies sont plutôt destinées à la Restauration Hors Domicile ou à la distribution en Grande et Moyenne Surface. Un régime herbager permet de valoriser des surfaces en herbe de l’exploitation. L’herbe, pâturée ou conservée, représente 60 % du bilan alimentaire.
Pour une production de bœufs et de génisses de 300-310 kg de carcasse à 17-18 mois à partir de veaux croisés lait x viande de 14-28 j et de 55-60 kg à leur arrivée dans l’atelier.
Quatre lots de 56 veaux issus de 7 types génétiques différents ont été engraissés au CIRBEEF entre 2020 et 2023. (Blanc-Bleu x Ho; Charolais x Ho; Limousin x Ho; INRA95 x Ho; Angus x Ho; Normand pur et Limousin x No).

Arrivés à l’âge de 2 à 4 semaines, les veaux sont exposés à une série de stress : transport, changement de bâtiment, de microbisme, d’alimentation, … . Les soins apportés à l’arrivée sont donc importants (figure 1). Les bœufs sont castrés lorsque la plupart des problèmes sanitaires sont passés, 28 jours après leur arrivée.
L’alimentation lactée dure 8 semaines. Les veaux disposent d’un mélange fermier et de foin. L’ensilage de maïs est distribué une semaine avant le sevrage. Sa consommation atteint 2,5 kg de Matière Sèche (MS) par jour à l’âge de 5 mois. Le mélange fermier est composé de blé et de tourteaux de colza. Les proportions évoluent de 70%/30% avant sevrage vers 30%/70% à l’âge de 5-6 mois.
Les animaux sortent au pâturage en juin à l’âge de 5-6 mois et rentrent en bâtiment le plus tard possible à l’automne. Au CIRBEEF, afin de rationaliser la consommation d’herbe, la surface est subdivisée en paddocks de taille adaptée au lot, de manière à respecter un temps de présence de 2 à 5 jours et un temps de repos de 20 à 25 jours au printemps ou 30 à 40 jours en été. Certains lots ont reçu une ration au complète en bâtiment en cas de sécheresse estivale marquée.
L’enjeu de l’hivernage est double : Les animaux ne doivent pas prendre de retard au risque de ne pas pouvoir réussir la finition au pâturage avant l’été. Néanmoins, l’objectif est de finir les animaux au pâturage et non à l’auge pendant l’hiver. La ration doit donc permettre d’atteindre 460 kg de poids vif en fin d’hiver tout en limitant la part de concentrés et donc le coût. Lors des essais au CIRBEEF, un phénomène de croissance compensatrice est souvent observé en début d’hiver. La quantité de concentrés, initialement fixée à 1,5 kg, a été réduit à 0,5 kg/animal/jour en milieu d’hiver.
Au printemps à Mauron, la période favorable à une finition au pâturage est courte. La finition des animaux au pâturage a donc été possible lorsque la moitié du lot était abattue avant le mois de juillet. Ceci a permis de diminuer la pression de pâturage en été sans augmenter la surface. Une complémentation en blé a été apportée en fin de printemps. La queue de lot était abattue avant la fin juillet.
Lorsque les animaux pesaient moins de 440 kg en fin d’hiver, il n’a pas été possible de réaliser la finition au pâturage. Les animaux sont rentrés en bâtiment pour une finition à l’auge.
Les bœufs ont été abattus 1,7 mois plus tôt que les génisses (17,7 vs 19,4 mois) pour produire 300 kg de carcasses. Les carcasses des bœufs étaient moins conformées d’un tiers de classe par rapport à celles des génisses (O+ vs R-). Les types génétiques les plus précoces (Normand, Holstein x Angus) ont produit des carcasses plus grasses, mais avec un moins bon rendement d’abattage et une moins bonne conformation que les types génétiques les plus tardifs (Holstein x Bleu-Blanc-Belges, Holstein x Charolais).
Les génisses ont consommé 260 kg MS de plus que les bœufs (3,3 t MS). La répartition était identique, avec 20 % d’ensilage de maïs, 60 % d’herbe pâturée ou conservée et 20 % de concentrés. Il est difficile de distinguer les types génétiques les plus performants en termes d’efficience alimentaire car la variabilité au sein des types génétiques est plus importante que celle entre ces derniers.

L’essai montre que cet itinéraire technique est réalisable, mais que la finition au pâturage est exigeante sur le plan technique. En effet, en cas d’aléas sanitaires ou climatiques durant la croissance, l'objectif de poids peut ne pas être atteint.
Surfaces à prévoir par animal selon la phase :
Croissance :
Les clés du pâturage tournant :
« Le point clé de cette conduite est le poids en fin d’hiver. Si les animaux doivent gagner plus de 100 kg de poids vif, il sera difficile de les finir au pâturage. Si les animaux sont trop lourds, l’intérêt de la finition à l’herbe est moindre»

Frédéric GUY - Responsable de la ferme expérimentale du CIRBEEF
Marc-Antoine Brasseur - Chargé d'études - Service Productions de Viandes - CIRBEEF – IDELE
Marc-Antoine.Brasseur@idele.fr
Baptiste Berthelot - Chargé d’études CIRBEEF – IDELE
POUR EN SAVOIR PLUS
https://idele.fr/detail-dossier/journee-portes-ouvertes-du-cirbeef-2025
https://idele.fr/detail-dossier/produire-des-jeunes-boeufs-ou-genisses-dorigine-laitiere

