Finition de vaches de réforme laitière - Engraissement de vaches de réforme Normande au pâturage ou à l’auge
notre étude

Finition de vaches de réforme laitière - Engraissement de vaches de réforme Normande au pâturage ou à l’auge

Acquisition de références et repères techniques sur la finition
Modifié le :
6
June
2026
  • Apporter des références techniques sur l’engraissement de vaches de réforme laitière
  • Augmenter l’autonomie protéique de la ration

Ce qu'il faut retenir

Engraisser avec des rations 100% autonome en protéines - 3 conduites et des carcasses comparables
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Chiffres clés

  • Les vaches en début d’essai pèsent
  • 677 kg vif en moyenne pour les 3 lots.
  • La phase expérimentale dure 77 jours
  • et permet une prise de poids de 101 kg vif
  • Le rendement carcasse étant de 48,4%
  • le poids de carcasse moyen des lots
  • est de 376 kg carc.

Résumé

Une partie des éleveurs laitiers n’engraissent pas leurs vaches de réformes, par manque de place, de fourrages disponibles ou de perception de l’intérêt économique, ainsi près d’un tiers des vaches de réforme laitières sont abattues maigres. Cependant, l’engraissement des vaches de réformes laitières peut présenter un intérêt pour l’éleveur.

L’objectif de cette étude est de mesurer la possibilité de remise en état de vaches maigres afin d’acquérir des références techniques sur la finition. Dans la continuité des essais menés sur vaches Montbéliardes et Holstein, cet essai porte sur des vaches Normandes conduit sur deux rations de finition à l’auge : une à base de maïs ensilé rationné et la seconde à base d’un mélange d’enrubannage d’herbe et d’ensilage de maïs. Un troisième lot est quant à lui conduit au pâturage.

Au final les carcasses produites sont comparables entre les 3 lots.

Méthodologie

Comparaison de trois rations d’engraissement

Sur 2 années, en 2021 et 2022, 78 vaches Normandes sont achetées. Elles sont âgées en moyenne de 5,5 ans, pèsent 617 kg pour une note d’état corporel de 1,93.

Après une phase de tarissement et de transition alimentaire de 34 jours en moyenne, les vaches sont réparties en 3 lots de 15 animaux en 2021 et 11 animaux en 2022.

La phase expérimentale en engraissement dure 77 jours en moyenne. La ration témoin est constituée d’ensilage de maïs rationnée et de 3 kg de tourteau de colza.
La ration expérimentale est composée à 33% de maïs ensilage et 66% d’enrubannage d’herbe distribué à volonté et de 2,5 kg de blé. Le 3ème lot est au pâturage sur une prairie de RayGrass Anglais/Fétuque et Trèfle Blanc, L’objectif est d’abattre les vaches a un état d’engraissement de 3.

Résultat

Consommations, croissances et résultats d'abattage

Figure1. Bilan de consommation des vaches Normandes en essai

Finition au pâturage, l’année fourragère au cœur de la réussite

En 2021, l’engraissement a pu se faire sans aucune complémentation jusqu’au 27 juillet avec 26 ares/animal. Contrairement à 2022, où une complémentation en concentrés et en fourrages a été nécessaire dès le 24 juin et jusqu’au 20 juillet malgré les 47 ares/animal. La surface nécessaire en 2021 pour engraisser 15 vaches est de 3,84 ha contre 5,14 ha pour 11 vaches en 2022, avec un système de pâturage tournant sur des durées de cycle de 17 à 30 jours en fonction de la pousse de l’herbe. L’objectif d’autonomie protéique a tout de même été atteint sur les deux années de pâturage.

Régimes auge : des consommations plus élevées pour le lot herbe/maïs

Sur l’ensemble de la période expérimentale, les animaux du lot témoin ont des consommations conformes au plan de rationnement soit, 13,8 kg MS/jour, dont 3,0 kg brut de tourteau de colza. Les consommations du lot expérimental herbe/maïs à volonté sont plus élevées à 16,9 kg MS/jour dont 2,5 kg brut de céréales. L’introduction d’herbe dans la ration permet de réduire de 223 kg brut de tourteau de colza par animal remplacé par 193 kg de blé rapport à la ration témoin. Au total, le lot témoin consomme 1 029 kg MS contre 1 271 kg MS pour le lot herbe/maïs.

Des carcasses et des qualités de viande comparables entre les lots

Figure2. Bilan des abattages des vaches Normandes en essai

Les animaux du lot maïs rationné ont croissances significativement meilleures que les autres lots (+250 g/jour par rapport au lot herbe/maïs et +358 g/j par rapport au lot pâturage).

Pour autant les qualités de carcasse et de viande sont comparables entre les 3 lots. Les rendements moyens sont de 48,1% pour les lots auge contre 49,0% pour le lot au pâturage pour un même état d’engraissement 2,9 et une même conformation O=. Les poids de carcasses diffèrent légèrement mais ne sont pas significativement différents.

Conclusion

Des régimes 100% autonomes pour des carcasses comparables

En utilisant trois régimes alimentaires contrastés en termes de fourrages, l’un à base d’ensilage de maïs rationné, un autre en mélange à 66% d’herbe conservée et 33% d’ensilage de maïs et le troisième au pâturage, nous obtenons des qualités de carcasses comparables.

L’introduction d’herbe conservée a permis de substituer le tourteau de colza par du blé par rapport au lot témoin maïs ensilage rationné et atteindre ainsi une autonomie protéique de 100% contre 43% pour le lot ensilage maïs rationné.

Les carcasses sont comparables et conformes aux attentes de la filière pour les trois lots, entre 372 et 382 kg carc. et une conformation moyenne O= pour un rendement compris entre 48,1 et 49,0 % et un état d’engraissement moyen de 2,9.

Télécharger l'étude au format PDF

L’engraissement de vaches de réforme laitière avec des finitions 100% autonomes en protéines sont possibles, si les performances animales sont un peu en dessous, les qualités de carcasses sont très proches de celles du lot ensilage de maïs et tourteau de colza. La finition au pâturage est la plus aléatoire car très dépendante du temps qu’il fait pendant les 4 mois de finition entre mars et juillet alors que la finition à l’auge peut s’anticiper un an à l’avance.

D’un point de vue coût alimentaire à l’animal, même avec une année sèche, le coût de finition d’une vache à l’herbe reste moins élevé par rapport aux lots à l’auge, encore faut-il pouvoir ajuster la surface sans entrer en compétition avec les autres catégories animales.

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« L’engraissement de vaches de réforme laitière avec des finitions 100% autonomes en protéines est possible »

Frédéric GUY

Frédéric GUY

Responsable du Centre d’Innovation et de Recherche des Bouviers (CIRBEEF)

Contact techniques

Frédéric GUY - Responsable de la ferme expérimentale du CIRBEEF

frederic.guy@idele.fr

Baptiste Berthelot - Chargé d’études CIRBEEF – IDELE

Baptiste.Berthelot@idele.fr

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