6 ou 7 litres de lait / veaux, Faut-il distribuer plus ou moins de lait avec quelles conséquences économiques ?
notre étude

6 ou 7 litres de lait / veaux, Faut-il distribuer plus ou moins de lait avec quelles conséquences économiques ?

Faut-il distribuer plus ou moins de lait avec quelles conséquences économiques ?
Modifié le :
9
September
2022

Objectif de l'essai

  • Étudier les conséquences d’un plan lacté avec davantage de lait, pour des génisses laitières sevrées à 70 jours.
  • Évaluer l’impact sur le coût d’élevage de la génisse


Ce qu’il faut retenir

Les veaux laitiers recevant des quantités de lait plus élevées, pour une même teneur en matière grasse consomment moins de concentrés, pour des croissances identiques et un coût supérieur.
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Chiffres clés

  • 350 à 400 l
  • de lait / veau
  • 42 à 46 g/l
  • de TB
  • 15 à 30 Kg
  • de concentrés
  • 800 g/j
  • de croissance
  • 97 Kg à 2.3 mois
  • âge au sevrage

Résumé

L’objectif est de comparer, dans des conditions d’élevage françaises, les performances de femelles laitières recevant 2 plans lactés différents. En 2019/2020, 45 veaux femelles de race Prim’Holstein, ont été alimentés avec du lait fermenté à raison soit de 6 l/j/veau, soit de 7 l/j/veau, en plan constant, de l’âge de 2 semaines jusqu’à la semaine précédant le sevrage à 2.3 mois. Les croissances de la naissance au sevrage et le poids au sevrage sont identiques. Les poids à 6 mois et les croissances après sevrage ne sont pas significativement différents. A 15 mois, les 2 lots atteignent les 400 kg. Les lots « 7 l » ont consommé 93 l de lait en plus mais moins de concentré (près de 5 kg entre la naissance et 3.2 mois). Même avec une part de lait non commercialisable, le plan à 6l permet une économie sur le coût d’élevage de la génisse.

Méthodologie

Plan constant et sevrage à 70 jours

Les femelles de renouvellement de race Prim’Holstein, du troupeau conventionnel, nées à l’automne 2019 et au printemps 2020 ont été nourries avec 6 ou 7 l de lait « yaourt » en plan constant, dès la fin de leur 1ère semaine. Les quantités ont ensuite été divisées par 2 la semaine précédant le sevrage pour un sevrage progressif. Le lait distribué a un TB compris entre 42 et 46 g/l selon les périodes de naissance. En complément, les veaux avaient à disposition de l’eau, du foin, et un mélange de 35% de fèverole broyée et 65% de granulés d’orge. Le concentré est proposé à volonté dès 15 j d’âge puis plafonné à 3.5 kg après sevrage. Les veaux sont logés en case collective et sevrés quand le veau le plus jeune de la case a 8 semaines.

Résultat

Aucune différence de poids

Des croissances identiques

Les croissances de la naissance au sevrage sont identiques quelles que soient les quantités de lait reçues, pour un âge moyen au sevrage de 70 j et un poids au sevrage proche des 100 kg. Les croissances après sevrage et les poids à 6 mois ne sont pas significativement différents, même si on observe une tendance en faveur des lots ayant reçu 6l. A 15 mois, les 2 lots atteignent les 400 kg.

Du lait ou du concentré : il faut choisir!

Les lots « 7 l » ont consommé 93 l de lait en plus mais moins de concentré (près de 5 kg entre la naissance et 3.2 mois). En moyenne, la semaine avant sevrage, ils consomment 1.1 kg/j/veau contre 1.4 kg pour le lot « 6 l ». La semaine qui suit le sevrage, ils consomment 1.9 kg / j contre 2.1 kg pour le lot « 6 l ». A Trévarez, le lait distribué aux veaux est pour moitié du lait non commercialisable. Avec une hypothèse de prix du lait aux veaux de 160 €/t et un prix de concentré de 244 €/t, on économise 14 €/veau avec le plan 6 l par rapport au plan 7 l.

Prendre en compte la teneur en matière grasse du lait

A l’automne 2019, les 2 lots « 6 l » ou « 7 l » ont reçu un lait avec un TB quasiment identique (46.4 contre 45.8 g/l). L’écart de consommation de concentré entre la naissance et le sevrage est de 14 kg/veau en plus pour le lot 6 l, les veaux consommant 1.7 kg/j la semaine précédant le sevrage contre 1.2 kg pour le lot 7 l. Au printemps 2020, la répartition des naissances, a fait que le lot 6 l a reçu un lait dosant 44.4 g/l de TB contre 41.8 g/kg pour le lot 7 l. Les lots 7 l ont alors consommé davantage de concentrés au total entre la naissance et le sevrage, contrairement à l’automne. Autour du sevrage, ils consomment autant de concentrés/veau/j. La case des premiers nés a également consommés moins de concentrés que les autres, à chacune des 2 périodes de naissances.


Conclusion

Du lait : ni trop, ni trop peu et du concentrés à disposition

Ces résultats indiquent que les veaux peuvent adapter leur consommation de concentrés aux apports de lait en terme de quantités mais peut être aussi en fonction de la teneur en matière engrasse. On ne peut donc que recommander d’en mettre à disposition dès le plus jeune âge.

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En pratique

Nous n’avons pas vu de différence entre les veaux nourris avec 6 ou 7 l. Nous sommes donc revenus au plan à 6 l après cet essai. Avec 7 l, cela fait des quantités de lait supplémentaires à transporter. En plan constant et une distribution par jour, comme c’est le cas à Trévarez, je trouve que 7 l, cela fait beaucoup de lait dès la fin de la 1ère semaine d’âge. Nous n’avons pas observé plus de diarrhées dans un lot ou dans un autre. Le lait fermenté étant prédigéré, il est sans doute favorable à la maîtrise des diarrhées alimentaires. Les mâles en revanche, sont nourris avec du lait fermenté à volonté ; Avec de l’argile à disposition, ils peuvent consommer jusqu’à 10 l de lait/j et un peu plus de 7 l/veau en moyenne de la naissance à leur départ à 3 semaines.

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1 litre en plus pour les veaux, c’est potentiellement un litre en moins dans le tank

Anaïs Ollivet

Anaïs Ollivet

Technicienne d’expérimentation

Contact techniques

Pascal Le Coeur

Responsable de la ferme expérimentale de Trévarez

pascal.lecoeur@bretagne.chambagri.fr_

Guylaine Trou

guylaine.trou@bretagne-chambagri.fr