Les essais menés à La Blanche Maison montrent qu'aucune modalité de rénovation testée (mécanique ou avec couvert) n'a permis d'améliorer le potentiel productif de la prairie par rapport à l'état initial. Bien que la part d'agrostide stolonifère régresse initialement, elle reste présente et regagne du terrain les années suivantes. Toutefois, les méthodes alternatives permettent une bonne installation des légumineuses semées.
Site : Pont Hébert (50), sol limon-argileux.+1Dispositif : Deux dispositifs implantés en 2019 et 2020, suivis sur 2 campagnes.+2Modalités testées : * Témoins : Glyphosate (fin d'été) et Labour.+1Alternatives : Semis prairie automne après travail superficiel (1 ou 2 passages) et semis après colza fourrager en dérobé (avec ou sans labour).+1Outil spécifique : Utilisation d'un Rototiller (outil animé à axe horizontal avec dents droites) pour la destruction mécanique et le semis.
À La Blanche Maison, aucune technique n’a permis d'éradiquer totalement l'agrostide stolonifère. Si le travail superficiel (Rototiller) ou le labour réduisent sa présence initialement, cette graminée colonise à nouveau les parcelles dès la deuxième année. En revanche, la rénovation est un succès pour l’introduction de nouvelles espèces : le semis de trèfle blanc et de ray-grass anglais s'installe très bien dans les zones travaillées mécaniquement, améliorant la qualité nutritionnelle du fourrage par rapport à la prairie dégradée d'origine, malgré la persistance des indésirables.

Les rendements mesurés sur deux cycles (2020-2021) montrent que les itinéraires alternatifs égalent le témoin labour. La modalité avec deux passages superficiels affiche 8,54 t MS/ha contre 8,20 t MS/ha pour le labour. L’insertion d’un colza fourrager en dérobé après un passage de Rototiller en mai a permis de produire une ressource pâturable supplémentaire en été (période de déficit). Cependant, cette option reste risquée : à La Blanche Maison, les rendements du colza ont été limités par des épisodes de sécheresse estivale et une pression d'insectes (altises) sur les jeunes plants.

L'analyse via SYSTERRE® montre que le travail superficiel (2 passages) est plus sobre que le labour : il réduit la consommation de carburant (24L/ha contre 39L/ha) et le temps de traction. Économiquement, les charges de mécanisation s'élèvent à 95 €/ha pour le superficiel contre 109 €/ha pour le labour. Le coût bondit à 123 €/ha si l'on multiplie les passages. Le bilan énergétique et l'empreinte carbone sont donc plus favorables aux techniques sans labour, sans pour autant sacrifier l'implantation de la prairie, faisant du travail superficiel un compromis efficace à La Blanche Maison.
La rénovation sans glyphosate est techniquement possible avec des outils type rototiller, mais le gain de rendement est nul dans ces essais en présence d'agrostide stolonifère.
Pour limiter les coûts, le travail superficiel en 2 passages est plus économique que le labour tout en offrant un résultat floristique similaire.
Marie Plessy : m.plessy@blanche-maison.fr
Responsable de la ferme expérimentale de la Blanche Maison
Didier Deleau (ARVALIS)
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