Le poids de naissance des génisses laitières a-t-il de l'importance sur la future carrière
notre étude

Le poids de naissance des génisses laitières a-t-il de l'importance sur la future carrière

Modifié le :
9
September
2022

Le poids moyen à la naissance des 887 femelles Prim’Holstein nées à la ferme expérimentale des Trinottières entre 2000 et 2018 s’établit à 41 kg (+/- 5 kg). Mais on constate une forte variabilité du poids des veaux à la naissance, avec 2,9 % des animaux pesant moins de 30 kg et 3,3 % pesant plus de 50 kg (Fig. 1). La très grande majorité des animaux (près de 68 %) affiche un poids de naissance compris entre 37 et 45 kg.

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Chiffres clés

  • 41 kg
  • poids moyen à la naissance des veaux femelles à la ferme des Trinottières
  • 10 kg
  • d’écart de poids à la naissance entre les classes de veaux légers et lourds

Les enjeux

Le poids de naissance des génisses de renouvellement est variable. La question est de savoir si les femelles les plus légères à la naissance sont capables de rattraper leur retard pour une mise à la reproduction au même âge que celles nées plus lourdes ?

Méthodologie

Pour répondre à cette question, nous avons comparé les performances des femelles Prim’Holstein nées à la ferme expérimentale des Trinottières entre 2000 et 2018 en fonction de leur poids de naissance.

Les veaux ont été répartis en 3 classes de poids de naissance : légers (≤ 39 kg), moyens (> 39 et ≤ 43 kg) et lourds (> 43 kg). Leurs résultats de croissance jusqu’au 2ème vêlage et leurs performances laitières ont été comparés afin de mettre en évidence un éventuel effet du poids à la naissance sur la future carrière laitière.

Distribution des poids de naissance des femelles nées aux Trinottières de 2000 à 2018 (N=887)

Les résultats des Trino

Le poids de naissance influence les poids ultérieurs jusqu'à l'âge de 15 mois

Sur les 482 femelles ayant atteint la fin de leur 1ère lactation, les 25 % plus légères pèsent moins de 39 kg à la naissance (poids moyen de 36 kg). La différence de poids à la naissance entre les génisses légères et les génisses moyennes est de 5 kg, soit un écart de poids de 13 %. Cet écart diminue petit à petit pour atteindre seulement 2% lorsque les animaux atteignent l’âge de 15 mois (Tab. 1).

Poids à âges-types des génisses selon leur classe de poids de naissance
Evolution de la différence de poids entre les génisses des trois classes

Le poids de naissance n'a plus d'effet sur les performances après le 1er vêlage

Les génisses légères à la naissance pèsent en moyenne 570 kg après le 1er vêlage, soit seulement 12 kg de moins que les génisses de poids moyen à la naissance (différence non significative). Elles produisent presque autant de lait sur les 305 premiers jours de lactation que les génisses de poids de naissance moyen (différence non significative) pour un âge au 1er vêlage très proche. À l’échelle de la carrière, la différence de poids constatée à la naissance n’a plus aucun effet sur les performances de production (tab.2).

Performances des animaux à partir du 1er vêlage selon leur classe de poids de naissance

Conclusion

L’alimentation des génisses joue un rôle important pour obtenir un bon niveau de croissance et permettre aux génisses les plus légères à la naissance de réduire les écarts avec les autres génisses. L’alimentation des génisses fait l’objet de beaucoup d’attention aux Trinottières, aux différentes étapes de développement, en particulier au cours de la 1ère année de vie :

  • 2 kg de concentré consommés par jour au moment du sevrage
  • 2,5 kg à 3 kg de concentré/jour (avec du foin) jusqu’à la mise à l’herbe à 6 mois (distribution deux fois par jour au cornadis)
  • Maintien d’un apport de 1 kg de concentré durant la 1ère saison de pâturage.


Au cours du 2ème hiver, les génisses reçoivent une ration pour un objectif de croissance modéré de 600 g/j. Elles retournent au pâturage à partir du mois de mars suivant, sans recevoir de complémentation tant que la quantité d’herbe est suffisante (jusqu’à fin juin-début juillet). Elles font alors de la croissance compensatrice durant le printemps.

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Les femelles légères à la naissance sont capables de rattraper l’essentiel de leur retard, de vêler précocement et d’avoir une carrière équivalente aux autres animaux à condition de leur proposer une conduite adaptée.

Contact techniques

David Plouzin

david.plouzin@maine-et-loire.chambagri.fr

Julien Jurquet

julien.jurquet@idele.fr

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