C’est pourquoi, il apparaît intéressant de définir un plan de complémentation individualisé (PCI) en fonction de la réponse de chaque animal à une variation d’apport de concentré. Pour vérifier si ce type de complémentation individuelle présente des avantages, un essai a été réalisé à la ferme expérimentale des Trinottières (49) en 2024 pour comparer ce mode d’alimentation à une ration complète mélangée.
Un essai réalisé à la ferme expérimentale des Trinottières (49) en 2024.
2 lots de vaches laitières :
Déroulement de l’essai :
Durant la première période de l’essai :
Durant la seconde période (période expérimentale) :
Les rations ont été établies pour apporter la même quantité de concentré de production aux deux lots sur l’ensemble.


Le lot RC, alimenté en ration complète, n’a pas reçu de complémentation individuelle. La ration est équilibrée à 97 g PDI/UFL pour une production laitière attendue de 32,0 kg/vache/jour. Le lot PCI Profil, alimenté en ration semi-complète, a reçu une ration de base à l’auge, complétée individuellement par un concentré de production à 17 % de MAT et distribué individuellement au Distributeur Automatique de Concentrés (DAC).
La mise en œuvre de ce plan de complémentation aboutit à 4 vaches qui reçoivent quotidiennement 1 kg brut de concentré, 7 en reçoivent 2, 11 qui reçoivent 3 kg et une vache à 4 kg (figure 3). Aucune vache n’a reçu 5 kg de concentré de production.


Les vaches du lot RC ont ingéré 6 % de concentré de production incorporé directement dans la ration offerte à l’auge, soit en moyenne 2,1 (±0,26) kg MS/vache et par jour.
La consommation moyenne en concentré de production des deux lots est identique (tableau 2). Seule la répartition de celui-ci entre les animaux des deux lots diffère.
Que les vaches reçoivent toutes la même ration mélangée ou qu’elles reçoivent une partie du concentré de manière individualisée en fonction de leur profil de réponses au concentré, la production laitière moyenne à l’échelle du lot est identique. Il en est de même pour les taux (butyreux et protéique).
Les courbes de production laitière des deux lots suivent la même tendance tout au long de l’essai (figure 4).


Pour une même consommation totale de concentré de production par lot, le type de rationnement, qu’il soit en ration complète ou avec une complémentation individuelle indexée sur la réponse individuelle à une baisse de l’apport en concentré, aboutit aux mêmes performances zootechniques moyennes.
Ces résultats confirment ceux issus de travaux comparant la ration complète à la ration semi-complète « classique », qui ne mettent pas en évidence de différences de performances zootechniques dans des contextes iso quantité de concentré (voir fiche 2).
Pour les éleveurs déjà adeptes de la ration complète, les résultats de cet essai ne remettent pas en question leur système. D’après une enquête menée par Eliance auprès d’éleveurs normands et franc-comtois, l’alimentation de précision ne présente pas d’intérêt pour ceux qui veulent simplifier leur système, avec une part principale d’herbe et/ou pâturage et peu de complémentation (6/21), ou qui ne sont pas équipés de DAC pour individualiser la ration (4/21). Un des responsables en alimentation interrogés dans le cadre d’une enquête menée par des étudiantes de l’Institut Agro Rennes-Angers souligne que, pour des élevages qui cherchent à augmenter la part de fourrages dans l’alimentation, « ce n’est pas la peine [de faire de l’alimentation de précision] si c’est pour donner plus de concentrés ».
Le concept se décompose en trois étapes :

Le concept d'alimentation de précision évalué dans le projet "Harpagon"

Julien Jurquet - Idèle
Valentine Landais - Idèle
Amélie Fischer - Idèle
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